La MAQ est à Marseille
Cirque-Poésie-Architecture à l’École nationale de cirque
Café des Z’A 02 : Quel pont Champlain pour Montréal ?
Roadtrip, Linda-Marlena Bucholtz Ross
Réinventons la ruelle !
Les Maisons-Nature
Oscar Niemeyer se raconte
Le tango des chantiers
La visite virtuelle de Jean-Guy Bergeron
Et aussi…

Page spéciale Studiolo MAQ

La MAQ aux 24h d’architecture !

La MAQ est à Marseille tout le mois d’octobre pour représenter le Québec aux 24h d’architecture ! Suivez l’équipe sur place au jour le jour…

Cirque-Poésie-Architecture à l’École nationale de cirque

Photo Caroline Charvier

Découvrez les poèmes de Catherine Cormier-Larose créés pour l’activité Cirque-Poésie-Architecture du 28 avril 2012. La visite de l’École nationale de cirque était organisée par la MAQ, l’École nationale de cirque et les Productions Arreuh, pour Lire Montréal Édition 2.

Catherine Cormier-Larose
Vertige

Je t’ai parlé de mes vertiges comme s’ils étaient humains

Je te les ai confiés, t’imposant d’en prendre soin

Quand je les ai vu respirer à grandes lappées d’espace,
j’ai su que tu m’habitais.
Brise-soleil

Tu brises le soleil
et c’est toute l’orientation de la lumière qui suit le mouvement sec de ta main

De ta paume se déchire un petit carré de lumière
Si tu bouges il suivra tes veines
et ira se loger dans le petit espace tout blanc à l’intérieur de ton coude

Tu sais donner du volume même aux vides.
Œuvre d’art public

T’as dit:
souffle dans ma bouche

La salvation avant l’étouffement
Jamais compris avant le fonctionnement des poumons,
comment l’air devait d’abord te couper le souffle

Œuvre-vent dans ce bouche à bouche aléatoire.
Chevaux

Arrivée devant les boxes des chevaux
j’ai secoué ma tête

Suivi en ongle cette bête capricieuse que tu portes sur ta cuisse comme un secret

Chuchoté
dans toute cette lumière que dégage notre vacarme équestre.
Acrobatie

T’es un acrobate
une bulle flottante
un équilibriste

T’as attrapé le ciel

Souris encore du haut des airs
je peux voir un plombage briller au fond de ta bouche

T’as toujours dessiné les nuages comme s’ils étaient des lassos.
Bibliothèque

Ma ville-paysage
regarde-moi dans les yeux

De l’équerre de tes sourcils
visiter les pays que tu portes

Monde-rideau de la bibliothèque de notre mythologie intime

Nous aimons à être mythomanes.

© Catherine Cormier-Larose – Toute reproduction même partielle de ces textes est interdite

Café des Z’A 02 : Quel pont Champlain pour Montréal ?

Synthèse en vidéo du Café des Z’A 02 : Quel pont Champlain pour Montréal? réalisée par notre muséologue maison bénévole Marie-Astrid Colin.

Roadtrip, Linda-Marlena Bucholtz Ross

Dans le cadre de l’exposition La beauté des chantiers de Montréal à la vitrine MAQ du lien piétonnier du Palais des congrès de Montréal, Linda-Marlena Bucholtz Ross présente l’œuvre vidéo Roadtrip.
[Exposition à voir du 15 mars au 15 juin 2012…]

Réinventons la ruelle !

Découvrez le montage de Réinventons la ruelle !, une réalisation d’Émilie Graves sur un air de Moondog…
[Exposition à voir jusqu’au 20 décembre 2011…]

Les Maisons-Nature de Pierre Thibault, architecte / Photos Alain Laforest

 

résidence Lavigne / la maison Noire Cliquez pour voir la galerie de photos Maisons-Nature

Oscar Niemeyer se raconte

A l’occasion de l’exposition Séjour au Copan/Copan Projects, Le comédien Rémy Girard (Les Invasions barbares…) incarne Niemeyer, dans une mise en lecture de Markita Boies. Le montage dramaturgique est signé de Monique Leyrac (Nelligan, Divine Sarah, Paris-Berlin…) à partir de divers textes dont Les Courbes du temps d’Oscar Niemeyer (Gallimard, 1999).

Le spectacle est enrichi par une mise en musique et des projections, sous la direction d’Alain Laforest.

Spectacle lecture, les 15, 16 et 27 février 2010.

Le tango des chantiers

Interprétation vidéo de l’exposition Les dérives connectives de José Luis Torres par Alain Laforest: Les dérives connectives à la MAQ

La visite virtuelle de Jean-Guy Bergeron

En exclusivité mondiale, notre première visite virtuelle immersive !
visiteVirtuel
Un cadeau de notre complice Jean-Guy Bergeron.

Entrez dans l’exposition du printemps-été 2008 sur le photographe et explorateur urbain Jogues Rivard, «aventurier des bâtiments perdus». Votre regard suit le curseur, se promène dans la salle et, en cliquant sur une œuvre, peut la détailler de plus près.

Talent et technique se marient, dans le travail de Jean-Guy Bergeron, l’as de la photo immersive dite à 360 degrés. Par la vertu de sa mystérieuse moulinette à œil tournant, mais aussi grâce à son traitement minutieux des images prises, il sait mieux que personne recomposer l’espace et vous y transporter.

À surveiller, le retour virtuel de l’exposition 1 :26 – Au pays de la maquette d’étude de Halifax à Vancouver prévu pour l’hiver 2010.

Et aussi…

L’étonnant montage de «1 :26 – Au pays de la maquette d’étude de Halifax à Vancouver» et de son paysage de carton, une réalisation d’Émilie Graves sur un air de Benny Goodman…

Studiolo MAQ

Studiolo : nom masculin (italien studiolo). Petit cabinet de méditation et de travail, dans l’Italie de la Renaissance.

La Maison de l’architecture du Québec vous invite à compléter cette page spécifiquement dédiée aux articles de recherche inédits et autres contenus dits « savants » du monde de l’architecture.

SOMMAIRE
Pierre Thibault à la MAQ
Concours Jeune critique MAQ en architecture, édition 2013
Concours Jeune critique MAQ en architecture, édition 2012
Le Pavillon russe d’Expo 67


Pierre Thibault à la MAQ

La Maison de l’architecture est heureuse de présenter un article rédigé par Marie Dallaire, rédactrice en chef du Magazine Formes, au sujet de l’exposition Monographie MAQ 03 – Pierre Thibault vu par Georges Teyssot et Alessandra Ponte: L’architecture comme paysage, présentée à la MAQ du 30 mai au 5 octobre 2014. Le texte suivant est un extrait d’un grand dossier thématique intitulé « Empreinte québécoise et patrimoine », à paraître dans le Magazine Formes, volume 10-4, numéro d’octobre 2014.

Dans la blanche cérémonie
Où la neige au vent se marie
Dans ce pays de poudrerie
Mon père a fait bâtir maison
Et je m´en vais être fidèle
À sa manière, à son modèle
La chambre d´amis sera telle
Qu´on viendra des autres saisons
Pour se bâtir à côté d´elle

Gilles Vigneault

Pierre Thibault est du bois dont on fait les flûtes. Installé au fond d’une salle dans un mobilier rudimentaire, il laisse aller ses mots dans le microphone d’une journaliste. Malgré quelques traits de fatigue il se prête aux règles du moment : interviews, séances photos, poignées de main… En cette matinée du 29 mai 2014 la MAQ (Maison de l’architecture du Québec) dévoile une nouvelle exposition doublée du lancement d’une monographie, soulignant les 25 ans de carrière de l’architecte.

C’est dans une caserne de pompiers désaffectée que la MAQ tient ses événements depuis qu’elle y a emménagé en 2005. De cet édifice civique[1] plus que centenaire, la façade et son couronnement ont été soigneusement préservés. On dirait que sa vieille âme inonde la halle blanche : l’exposition y prend une allure tout à fait intemporelle. Ayant pour titre L’architecture comme paysage, l’installation se présente un peu comme un territoire partagé. Elle invite à cheminer dans les sentiers de l’artiste : à scruter ses biais, adopter ses détours, avancer, reculer. C’est entre modernité et tradition, paysage et brindille, invention et nature que louvoie le spectateur tout au long du voyage. L’exiguïté des lieux, la disposition des objets ─déploiement horizontal sur tréteaux, exploitation des parois verticales─ gardent l’œil en mouvement. À devoir ainsi sans cesse ajuster le regard le visiteur éprouve une sorte de «tension», celle-là même, pourrait-on croire, dont se nourrit l’architecte pour créer.

Les Commissaires, Georges Teyssot et Alessandra Ponte, aidés du personnel de la MAQ, ont travaillé avec intelligence et finesse. Trois thèmes : Cabanes / Abris, Installations / Performances, Équipement / Monument; et pour chacun, trois projets dont des dessins d’esquisse, aquarelles, maquettes d’étude et notes manuscrites, révèlent la démarche conceptuelle préalable aux représentations numériques de chaque réalisation architecturale. L’exposition démontre la complémentarité des savoir-faire de l’artiste et rend son travail d’autant plus intelligible pour le visiteur.

« Une soixantaine de résidences privées, des bâtiments publics, des installations performances en milieu naturel, c’est là une œuvre considérable. Chaque projet est le fruit d’une démarche de recherche spécifique et unique, jamais de « copier-coller », et pourtant une signature que l’on peut reconnaître entre toutes, dit Sophie Gironnay, directrice générale et artistique de la MAQ. Nous avons choisi d’illustrer ce corpus abondant de multiples façons, afin que le visiteur prenne la juste mesure du travail de l’architecte. »

Dans leur monographie, Teyssot et Ponte jettent un regard savant sur l’œuvre de Pierre Thibault. Les rapports entre sa production architecturale, les arts visuels et plastiques et la cinématographie sont mis en relief. Les auteurs soulignent l’importance des savoir-faire de l’architecte qui privilégie un décloisonnement disciplinaire, si caractéristique de son travail. « Malgré la révolution du numérique, écrit Teyssot, dessin et figuration graphique offrent les outils incontournables du métier d’architecte […] Une telle virtuosité [chez Thibault] […] permet d’affirmer la prééminence du dessin conceptuel dans son œuvre[2]. »

Pierre Thibault a travaillé avec plusieurs communautés autochtones. Leurs constructions traditionnelles ont influencé ses recherches. Il a également trouvé dans le Walden ou la vie dans les bois (1854) d’Henry David Thoreau une source inépuisable d’inspiration sur la nature et sur la vie en forêt, qui sont pour lui des thèmes de prédilection. D’ailleurs, la maison ancestrale dans laquelle il a grandi, la grange de son grand-père, le «petit paradis» de son oncle qui avait lui-même construit son chalet sur une île, sont des souvenirs précieux qui l’ont placé dès l’enfance en dialogue avec le paysage. L’exposition prévoit un mur de photos de ses projets, choisies parmi celles qu’a réalisées le photographe Alain Laforest, collaborateur de Pierre Thibault depuis vingt ans. Devant cette mosaïque l’envie nous vient de chantonner : « Ma maison ce n’est pas une maison, c’est un lac… la forêt… une rivière… et la neige… »

Étonnamment, lorsque nous l’interrogeons sur les caractéristiques de l’architecture québécoise, Pierre Thibault nous parle de ses voyages à l’étranger et de son rapport au temps. Un temps pour lui qui se « dilate » lorsqu’on est devant la grande nature. Des voyages qui l’aident à mieux comprendre la lumière, les paysages et le ciel d’ici. Reflet d’un ensemble d’expériences ─mémorielles, artistiques, vernaculaires, sensorielles─, d’un rapport au temps «lent» pour ne rien perdre en intériorité et en mémoire, son travail de réflexion et de création intègre les traits particuliers de nos paysages. Sa  signature unique fait ressortir l’unicité et la beauté d’un territoire où l’on ressent encore la présence du passé dans son présent et son devenir. Au delà de la rampe, Pierre Thibault offre un regard  pacifique et bienveillant sur notre monde.


[1] La caserne numéro 20 fut construite au tout début du 20e siècle, en remplacement d’une caserne de la fin du 19e sur le même site qui avait logé à l’étage, le quartier général du service des incendies de Montréal jusqu’à l’installation de ce dernier en 1904 dans le bâtiment de la Place d’Youville. En 1985, le jury de Sauvons Montréal avait attribué une « Mention Honorable » à la Ville de Montréal dans le cadre des Prix Orange & Citron, pour la rénovation de la caserne 20. Le prix soulignait d’une part la préservation de cette fonction protectrice pour le Vieux Montréal et, d’autre part, l’attention portée au maintien de l’architecture ─façade et volumétrie─ du bâtiment. Par la suite, les travaux d’agrandissement du Palais des congrès ont eu pour conséquence de relocaliser les pompiers sur Saint-Urbain et de ne garder de la caserne que la façade et un volume au rez-de-chaussée, réaménagé pour les besoins de l’actuel occupant. Informations recueillies auprès de Dinu Bumbaru, 6 juin 2014.

[2] Pierre Thibault vu par Teyssot + Ponte. L’architecture comme paysage. Monographie MAQ, numéro 03, Maison de l’architecture du Québec, mai 2014, p. 5.


Texte de Camille Bédard
Deuxième prix au Concours jeune critique MAQ en architecture, édition 2013

L’INACCESSIBLE ÉTOILE

Près de quarante ans après les Jeux Olympiques, le Stade jette encore et toujours son ombre, non plus sur le compte de taxes municipales, mais sur le panorama montréalais. La commande du concours international était claire: le nouveau Planétarium Rio Tinto Alcan (RTA) doit dégager les vues pour que le colosse olympique demeure un repère géographique de la métropole. Le Planétarium RTA arrive tel David avec sa fronde, déterminé à affronter Goliath pour redonner vie à cet espace de spleen urbain, serti de béton et de grisaille.

Le défi est de taille, voire inaccessible. Plutôt que de miser sur la hauteur justement, le David se distingue par son revêtement extérieur en aluminium naturel qui scintille à des milles à la ronde par temps clair. Ses deux cônes tronqués, ou canons de vues, abritent les théâtres des étoiles. Spontanément, les canons à lumière de Le Corbusier viennent à l’esprit. À l’inverse du couvent de la Tourette, où les canons mitraillent les espaces intérieurs de lumière naturelle, ceux du Planétarium RTA élèvent le regard vers la Voie lactée. Bien que métaphorique — les théâtres des étoiles étant couverts — ce lien entre les visiteurs et le ciel confirme la vocation de l’institution: la vulgarisation scientifique de l’astronomie.

Afin de consolider les installations d’Espace pour la vie en un seul et même site, soit la plus grande concentration d’institutions muséales en sciences naturelles au Canada, le Planétarium RTA rejoint la constellation de l’Insectarium, du Jardin Botanique et du Biodôme. En orbite au centre-ville de Montréal de 1966 à 2011, l’ancien Planétarium Dow s’est éteint. Le consortium formé par les firmes Cardin Ramirez Julien et AEdifica adopte l’angle naturel, plutôt que technologique, comme ligne directrice du concept architectural. Ce choix met en lumière l’expérience québécoise de l’observation céleste, à l’écart des grands centres urbains, de leur pollution lumineuse et atmosphérique.

Cet éloge de la nature se trouve au cœur de la certification LEED platine visée, qu’il s’agisse de la récupération d’eau de pluie, de programmes d’économie et d’échange d’énergie avec le Biodôme, ou de recyclage des matériaux. Pour l’amour du ciel, puisqu’il s’agit de la raison d’être du bâtiment, le programme écologique minimise la pollution lumineuse. La guerre des étoiles est déclarée au cinéma Starcité voisin, où les projecteurs et les flashes sont braqués sur les stars du tapis rouge. Loin des futilités terrestres, le Planétarium RTA attire le regard sur la voûte céleste se déployant au-dessus de nos têtes.

L’ode à la nature québécoise se poursuit dans le choix des matériaux, notamment le bois des lattes du plafond du rez-de-chaussée et du revêtement du Théâtre de la Voie Lactée. Ce dernier rappelle le colimaçon iconique du musée Guggenheim de New York de Frank Lloyd Wright. La forme organique du Planétarium RTA, cependant, inverse les rapports entre le vide et le plein. L’expérience déambulatoire ne laisse rien paraître: ce n’est qu’une fois à l’intérieur du théâtre astronomique que le spectacle se déploie. Quant au théâtre multimédia, le Théâtre du Chaos, il met en valeur un autre matériau québécois: l’aluminium, auquel le bâtiment doit son nom. Les deux théâtres matérialisent le contraste entre l’observation naturelle et technologique des astres: le bois de l’un rappelle la nature à l’état brut; l’aluminium de l’autre, la nature transformée par l’homme. Dans les deux cas, l’expérience immersive s’inscrit dans la tendance de l’architecture de l’affect, où les émotions façonnent l’espace.

Bien qu’au cœur du projet, le rapprochement entre nature et urbanité n’atteint pas son plein potentiel. Ainsi, la passerelle menant à l’entrée principale dévoile en contre-bas une cour végétalisée, laquelle n’est pas accessible au public. Les baies vitrées du sous-sol créent une distance esthétique et physique entre le végétal et le bâti. La modeste mais séduisante forêt urbaine est si proche, mais lointaine à la fois. Dans la même lignée, la surface végétalisée de la toiture se devait d’être un espace extérieur convivial, favorisant l’appropriation du site par les visiteurs. Victime de son succès, la toiture a dû être fermée puisque les pique-niqueurs trop nombreux empêchaient son verdissement. Le bâtiment ne parvient donc pas à transcender réellement la dichotomie entre nature et urbanité. Comme le chanterait Brel, la quête des futurs visiteurs du Planétarium RTA sera d’atteindre l’inaccessible – étoile ou autre.


Camille Bédard détient une maîtrise en Architecture, Médiation culturelle et technologique, de l’Université McGill, à Montréal.


Texte de Maïa Djambazian
Prix spécial de la MAQ au Concours jeune critique MAQ en architecture, édition 2012

LA MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL : LÀ OÙ L’ARCHITECTE ET LE MUSICIEN SE RENCONTRENT

L’OSM a enfin une maison
Après 77 ans d’existence, et une trentaine d’années d’attente, l’Orchestre symphonique de Montréal peut enfin se sentir chez lui.
Inaugurée en septembre 2011, la Maison symphonique de Montréal fut le fruit d’un réel travail d’équipe : architectes (Diamond and Schmitt et Ædifica), ingénieurs (SNC Lavallin), acousticiens (Artec)… et bien sûr, l’OSM.

De l’extérieur, la forme de l’édifice reste plutôt simple, anonyme même : un pavé aux côtés vitrés, partiellement recouvert d’une surface grise striée et parsemée d’ouvertures inégales. Verre, béton, métal perforé. Bref, un patchwork de textures peu expressif.

Pour le piéton, difficile de deviner que derrière les parois lisses du bâtiment et son allure contemporaine se trouve une salle de concert destinée à la musique classique. Toutefois, en prenant un peu de distance, les observateurs intéressés remarqueront un élément architectural surprenant : des boiseries ondulantes se prolongeant au-delà de la façade, légèrement en recul. Avant de comprendre d’où elles viennent, il faudra continuer la visite…

À l’intérieur, rien de bien excitant hormis les quelques variations de hauteur du plafond dues au jeu de paliers. Avec l’idée de mettre tous les espaces à profit, les architectes ont conçus ces lieux secondaires pour accueillir des récitals. En amenant la structure à la même hauteur que l’esplanade de la Place des Arts, et en vitrant la façade du sol au plafond, les limites entre les espaces intérieurs et extérieurs se brouillent… Un spectacle d’occasion pour les curieux passant par hasard sur l’esplanade. La seule attraction dans ces espaces, une œuvre suspendue au plafond réalisée par le collectif d’artistes québécois BGL. C’est sûrement des Québécois qui ont fait ça matérialise les ondes sonores sous forme de trois spirales faites avec des pièces venant d’instruments de musique divers en laiton, chrome, bois…

Il y a aussi des espaces plus privés. Des foyers à l’abri des regards offrant des lieux de rencontre plus intimes entre solistes et donateurs. Dans l’un d’eux, Mouvements, l’œuvre lumineuse de Dominique Blain, sert en quelques sortes de rideau, tout en animant la façade tel un nuage de flûtes traversières.

Derrière les parois boisées qui bordent ces espaces d’un côté, c’est l’auditorium. Où que l’on soit dans le bâtiment, il rappelle sa présence, nous aide à nous repérer et amène une touche plus chaleureuse.

Une salle vivante
Quand on entre dans l’auditorium, on remarque avant tout sa luminosité et son unité. En contraste avec les espaces précédents, transparents et orientés vers l’extérieur, la salle de l’OSM, elle, semble plutôt s’isoler du reste du monde. Hermétique. Elle nous donne l’impression d’avoir été sculptée dans un bloc de bois, tellement son traitement est uniforme.

La Maison symphonique porte bien son nom. Le hêtre, avec ses tonalités orangées, illumine la salle, dégage une atmosphère d’intimité et une chaleur propre à une maison, un chalet. Si le bois est partout, les finis sont multiples : mat, lustré, rugueux. Cette différenciation des textures, tout comme les unités de plâtre blanches qui strient les murs en bois, permet d’avoir des sons plus doux et plus clairs.

Les formes sont voluptueuses, des balcons aux murs, en passant par les niches d’entreposage servant à cacher les rideaux acoustiques absorbants. Puis, on reconnait les formes courbes vues à l’extérieur qui, au-delà de leur fonction esthétique, servent à cacher le matériel de ventilation qui se trouve sur le toit.

À chaque représentation, la salle prend vie et se réinvente. Rideaux, auvents, scène, lumières se réajustent pour offrir les conditions les mieux adaptées aux œuvres musicales. Chaque élément architectural est au service de la performance musicale de l’auditorium, sans pour autant négliger l’esthétique.

Au centre de la scène, l’orgue. Une œuvre spectaculaire en cours de réalisation par Casavan et frères. Plus de 6400 tuyaux argentés qui dominent la salle et lui ajoute une pointe de brillance.

Ici, la musique n’est pas juste l’objet du bâtiment; elle inspire la forme de ses éléments architecturaux.


Le Pavillon russe d’Expo 67

La Maison de l’architecture est heureuse de présenter une recherche exceptionnelle de l’historien Fabien Bellat. Il nous raconte son enquête sur le Pavillon russe d’Expo 67 qui, du Canada à Moscou, l’a lancé dans une quête digne d’un vrai roman d’espionnage! Qu’est devenu le Pavillon? Qui était au juste Posokhine, son concepteur, architecte proche du pouvoir? Jusqu’où peut mener la Guerre froide et les vanités nationales, dans le domaine de l’architecture?

Fabien Bellat est Docteur en Histoire de l’art de l’Université Paris X. Ses recherches (menées entre autres auprès de l’Institut d’Architecture de Moscou) et publications se centrent essentiellement sur l’étude de l’architecture soviétique. Attentif aux formes architecturales, au positionnement des artistes dans l’univers russo-soviétique, Fabien Bellat axe ses travaux sur l’impact de la propagande dans la création, sur les échanges entre la Russie et les autres cultures du XXe siècle. De 2005 à 2008, il a enseigné à l’Université de Nantes, et en 2011 à l’Université du Québec en Outaouais. Ses communications ont été données dans les universités de France (dont la Sorbonne et Rennes II), Angleterre (Liverpool Hope University), Russie (Université d’État de Moscou), Canada (dont l’Université du Québec à Montréal, McGill) et États-Unis (Savannah College of Art and Design), ou dans des musées (Museo Nacional de Bellas Artes, Cuba)… De plus, il vient de rejoindre l’équipe scientifique de la future exposition Le Nôtre 2013 au Château de Versailles (pour y présenter l’influence du jardin à la française en URSS) et a été nommé Chercheur associé à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles.

Télécharger la recherche de Fabien Bellat en version PDF.

Télécharger le communiqué de la conférence donnée par Fabien Bellat le 27 août 2012.

Regarder le reportage de Radio-Canada sur les recherches de notre conférencier, Fabien Bellat. Les mystères du Pavillon russe d’Expo 67 résolus!

Voir la une du Devoir du lundi 27 août 2012 / Lire l’article complet.

Lire l’essai de Fabien Bellat Amériques/URSS Architectures du défi paru aux éditions Nicolas Chaudun le 18 juin 2014.